- Extrait -

25

J’avais basculé dans un demi- sommeil quand un cri m’a réveillé. Ma mère, accroupie près
de Stefan, effondré près de la fenêtre, criait son prénom.
Je me suis redressé d’un bond. Des bruits sourds, comme si on faisait sauter des bouchons de champagne, ont retenti, et la fenêtre a volé en éclats.
– Au sol ! a hurlé ma mère.
Comme je ne réagissais pas, elle m’a tiré d’un coup sec et je me suis aplati par terre. Une pluie de plâtre s’est abattue sur nous. Ma mère essayait de me faire un rempart de son corps.
J’entendais les balles siffler, se planter dans les murs, ricocher sur les montants métalliques des lits. Le lustre a explosé au- dessus de nos têtes.
Je sentais la chaleur du corps de ma mère contre le mien, percevais les battements de son coeur, son souffle précipité dans mon cou. Nos mains se sont trouvées, serrées, et plus rien d’autre n’a compté.
[…]


Reproduit avec l'aimable autorisation des éditions du Seuil
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