Extrait du scénario de Maldonne
  
 

 

MALDONNE

- Extrait du scénario -

 

© Corilan' Productions - toute reproduction interdite sans autorisation


Continuité dialoguée # 8
Version du 10 juillet 2005

1. EXT. JOUR / PLAGE

- séquence rêve -

Juliette, une petite fille de 9 ans, marche sur une plage déserte, au bord de l'eau.

SANDRINE (off)
Juliette ! Hello, chérie…

Juliette lève la tête vers une jetée en bois, une avancée vers la mer sur laquelle une femme très élégante, façon star hollywoodienne des années 50, lui fait signe de la main.

JULIETTE
Hello maman !

La mère lui fait face, appuyée à la rambarde de la jetée, mais se tourne soudain en voyant un homme s'approcher d'elle. Juliette le regarde de loin ; on ne voit pas le visage de l'homme, seulement sa silhouette flanquée d'un long manteaux d'une étonnante couleur prune (ou autre, mais remarquable). La mère court vers lui et se jette dans ses bras, très amoureuse.
Sur la plage, Juliette les observe quand on entend une sonnerie de téléphone portable.


2. INT/EXT. JOUR / DANS MONOSPACE SANDRINE

La fillette quitte son rêve et ouvre les yeux.
Sandrine Petit, sa mère - en qui l'on reconnaît la femme du rêve, mais avec les traits tirés, la coiffure et la mise montrant qu'elle n'a pas le temps de prendre soin d'elle - est au volant d'un monospace commençant à dater et décroche son téléphone en mains libres.

SANDRINE
Oui maman…

JACQUELINE (Off)
Bonjour ma chérie… Est-ce que tu pourrais venir me chercher à l'aéroport ?

SANDRINE (offusquée)
QUOI ?!

3. INT. JOUR / AEROPORT DE ROISSY

À l'autre bout du fil se trouve Jacqueline Petit, la mère de Sandrine. Brune d'environ 65 ans, elle est très bronzée et vêtue avec excentricité. Elle se trouve dans le hall bruyant des arrivées d'un aéroport et autour d'elle sont posées des valises de voyage roses couvertes d'autocollants de contrôle des douanes du monde entier.

JACQUELINE (parlant plus fort parce qu'elle croit que Sandrine n'a pas entendu)
JE SUIS A L'AEROPORT ! J'ai raté ma correspondance… Pourrais-tu… Tu quoi ?


4. INT/EXT. JOUR / DANS MONOSPACE SANDRINE

SANDRINE (agacée)
Je déménage !

JACQUELINE (off)
C'est aujourd'hui ?

SANDRINE
Et oui, comme prévu depuis plus d'un mois.

JACQUELINE (off)
Mais tu…

SANDRINE (mentant)
Y'a des flics, maman, faut que je raccroche !

Elle raccroche, à cran.
Juliette regarde un moment le paysage qui défile .

JULIETTE
C'est encore loin la nouvelle maison ?

SANDRINE (s'adoucissant)
Non ma chérie. On arrive bientôt...


5. EXT/ EXTERIEUR. JOUR / MONOSPACE SANDRINE (domaine des Grands Chênes)

Une élégante plaque sur un mur indique " Domaine des Grands Chênes ".

Le monospace de Sandrine franchit le portail et roule sur une allée, longeant une vieille et grande demeure que Juliette regarde avec des yeux émerveillés.

JULIETTE (en voix-off)
J'ai tout de suite aimé la maison…

Mais la voiture dépasse la maison de caractère et la petite ajoute :

JULIETTE (voix off)
…Sauf que c'était pas la nôtre.

Effectivement, Sandrine se gare devant le premier d'une série de pavillons bâtis dans le parc, tous identiques, grands et blancs, à l'américaine, avec garage et jardinet sans clôture. Elle range son monospace à côté d'une petite voiture type 206.


6. EXT. JOUR / DOMAINE DES GRANDS CHÊNES (devant maison Sandrine)

Une femme BCBG tirée à quatre épingles en train de tailler ses rosiers en compagnie de sa fille Clotilde, sorte de poupée blonde d'une douzaine d'années habillée en rose, fait un signe de bienvenue à Sandrine quand elle sort de sa voiture. Sandrine sourit et s'approche d'elle.

SANDRINE (aimable)
Bonjour… Sandrine Petit, votre nouvelle voisine à partir d'aujourd'hui…

VOISINE (maniérée)
Enchantée. Soyez la bienvenue aux Grands Chênes.

SANDRINE
Merci.

VOISINE (désignant la petite voiture près du monospace)
J'ai déjà fait la connaissance de…

SANDRINE
Louisa ? La personne qui a déposé la voiture ce matin ?

VOISINE
Louisa, c'est ça.

SANDRINE
C'est la jeune femme qui s'occupe de ma fille. (elle regarde vers le monospace) A ce propos, il faut que je libère Juliette ; je n'ai pas la clim et elle doit cuire dans la voiture.

Elle retourne à la voiture, ouvre son coffre dont, à l'aide d'une sorte de monte-charge, elle extirpe un fauteuil roulant électrique sous les regards dubitatifs de la voisine et de sa fille. Puis, grimaçant à cause de son dos visiblement douloureux, Sandrine prend Juliette dans ses bras et la soulève péniblement pour l'installer dans le fauteuil électrique.
Quand la petite approche des nouvelles voisines sur son fauteuil roulant, une têtière lui soutenant le menton, même si elle se reprend aussitôt, la voisine a un mouvement de recul.

VOISINE (se forçant à être naturelle mais donnant du coup l'impression de s'adresser à une débile)
Bon-jour… Moi c'est Elisabeth et voici Clotilde (elle donne un coup de coude à sa fille pour qu'elle ferme la bouche qu'elle tient grande ouverte de stupéfaction) Et toi, c'est quoi ton petit nom ?

Juliette lève les yeux au ciel et s'éloigne sans un mot au moment où Sandrine revient, présentant un sourire gêné aux voisines en signe d'excuse pour le comportement de Juliette.

JULIETTE (Voix off)
C'est chaque fois la même chose. Alors à force, j'ai fini par détester tout ce qui est nouveau : ville, quartier, maître d'école, camarades de classes… et surtout voisines !

Véloce sur son fauteuil roulant, Juliette fait le tour de sa nouvelle maison. Puis elle regarde la vielle demeure charmante qui marque l'entrée du domaine. Son regard est alors attiré par un étrange bâtiment, tout proche, sorte de tour en haut de laquelle se trouve une pièce circulaire aux fenêtres en arceaux.
Un camion de déménagement entre alors dans la résidence.

[…]

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