BIG BANG
L’histoire
Pour ma mère, une seule explication possible : si mes notes se cassent la figure à l’approche du brevet, c’est parce que je suis trop intelligent et que je m’ennuie au collège. Sauf que quelques jours plus tard, mon résultat au test de QI est encore plus minable que mon bulletin scolaire !
C’est un coup de tonnerre dans la famille, et le Big Bang dans ma tête : serais-je soudain devenu un imbécile… ?
Première nouvelle.
Le mot de l’auteur
Parfois, un roman nait d’une seule scène. Dans le cas de Big bang, une scène de comédie, inspirée par l’époque : persuadée (comme tant de parents aujourd’hui) que les mauvais résultats scolaires de son fils sont dus à une trop grande intelligence, une mère, elle-même HPI, tombe de haut en découvrant qu’au contraire, le quotient intellectuel du garçon est (très) moyen.
Point de départ pour la description, le temps d’un trimestre scolaire, du quotidien devenu fou d’un collégien aux prises avec l’anxiété et la panique de ses parents. En résulte un plaidoyer pour la faillibilité et la contreperformance dans lesquels se niche souvent la grâce.
Mikaël Ollivier
extrait
Nous étions le 8 juin 2026. J’y étais. Dans ce jour, qui était un lundi. C’était le matin et je courais. Neuf minutes plus tôt j’avais dévalé les marches en sortant de la maison et foncé sur le trottoir pour ne pas arriver en retard à ma première épreuve du brevet des collèges. Sans ralentir ma foulée, je prenais conscience qu’en vérité, peu m’importait d’arriver à l’heure ou en retard. Je comprenais que si je courais, c’était parce qu’après tout ce qui s’était passé ces dernières semaines, et particulièrement ce matin-là, marcher ne me suffisait plus.
Il faut que je vous raconte…
